Les animaux sont doués de capacités
Dans les profondeurs des océans, au cœur des forêts tropicales, ou même dans nos jardins, se cachent des créatures aux capacités si extraordinaires qu'elles défient notre imagination. Loin des superhéros de bande dessinée, la nature a doté certains animaux de véritables "superpouvoirs" qui continuent de stupéfier les scientifiques du monde entier. Imaginez pouvoir voir à travers les objets, comme si vous étiez doté d'un radar intégré. Ou encore, vous déconnecter littéralement de votre propre corps pour échapper au danger. Que diriez-vous de vivre sous une pression écrasante à 2 000 mètres de profondeur, là où aucun humain ne peut survivre sans équipement sophistiqué ? Et si vous pouviez changer de couleur en un clin d'œil, vous fondant parfaitement dans votre environnement ? Ces capacités, qui semblent tout droit sorties d'un film de science-fiction, sont pourtant bien réelles dans le règne animal. Elles sont le résultat de millions d'années d'évolution, une adaptation parfaite à des environnements souvent hostiles et changeants. Ces "superpouvoirs" ne sont pas seulement fascinants ; ils sont aussi une source d'inspiration pour la science et la technologie modernes. Plongeons dans le monde merveilleux de ces animaux aux capacités extraordinaires !
La libellule, un redoutable prédateur
Mouches, papillons, fourmis, abeilles… 97 % des proies poursuivies par cette redoutable chasseresse sont dévorées en vol ! De quoi en rabattre à des prédateurs stars tels que les requins blancs (48 % de réussite en moyenne), faucons pèlerins (47 %) ou autres léopards (moins de 40 %). Les armes de la libellule ? Primo, son champ de vision de presque 360 degrés, qui lui permet de prédire les trajectoires des insectes et de choisir en quelques millièmes de seconde le point où elle peut intercepter la proie la plus facile. Secundo, ses facultés à voler en avant, en arrière, à faire du vol stationnaire, et même à tourner sur place, qui l’autorisent à effectuer d’incroyables acrobaties jusqu’à 55 km/h ! Bluffant pour un animal à l’allure si délicate auquel nous ne prêtons guère attention. Et ses prouesses ne se limitent pas à sa courte vie dans les airs : elle passe d’abord plusieurs années sous l’eau à l’état de larve, où elle chasse à l’envi d’autres invertébrés aquatiques (et même des petits poissons !). Pour cela, elle se propulse à grande vitesse en expulsant l’air comme un jet de ses branchies situées… au bout de son abdomen !
La libellule, un redoutable prédateur.
La barge rousse, multiple détenteur de records de distance de vol sans arrêt
Selon les chercheurs, les performances d’orientation de cet oiseau migrateur seraient dues aux cristaux de magnétite (sensibles comme l’aimant d’une boussole) présents à la base de son bec, ainsi qu’à des protéines spécifiques dans son œil droit. La barge rousse percevrait ainsi les lignes du champ magnétique terrestre, et s’orienterait sans faille lors de ses voyages record au long cours : une barge rousse d’Alaska détient ainsi depuis 2020 celui du plus long vol effectué d’une seule traite sans se nourrir, soit 13 560 km, pour rallier la Tasmanie, parcourus en seulement onze jours.
Des créatures bioluminescentes
Dès 200 m de profondeur, de nombreux poissons, crevettes, méduses ou encore calamars, produisent leur propre énergie lumineuse, d’une manière comparable aux lucioles. Au-delà de 850 m sous la surface, là où l’œil humain ne distingue plus rien, ce sont même 90 % des créatures qui sont bioluminescentes ! La baudroie, par exemple, attire ses proies devant sa gueule en agitant une épine lumineuse sur sa tête, telle une lanterne. D’après les chercheurs, la bioluminescence serait, selon les espèces, un outil de communication, de séduction ou de défense.
Le caméléon, de rapides changements de couleur
En général, la véritable couleur du caméléon est vert-marron, comme l’environnement arboricole dans lequel vivent ces reptiles. S’ils se parent d’autres couleurs, c’est pour s’adapter à l’ensoleillement (en évacuant ou maintenant leur chaleur corporelle) et communiquer. Dans ce cas, ils resserrent ou relaxent leur peau, pour modifier à sa surface la réflexion sélective des différentes longueurs d’onde de la lumière. Les couleurs du jaune au rouge, indicatrices d’un état d’excitation, servent lors des parades nuptiales ou de combats avec un congénère ou un prédateur. Les autres couleurs témoignent, elles, d’un état calme ou de soumission.
La limace de mer, une créature capable de régénérer tous ses organes
Cette espèce, Elysia marginata, est capable de s’autodécapiter et de faire repousser l’intégralité de son corps à partir de sa tête, cœur et autres organes compris. Durant la phase de reconstitution, qui peut prendre jusqu’à trois semaines, la tête continue de se déplacer et de se nourrir d’algues. Ce sont elles qui fourniraient l’énergie nécessaire aux cellules souches basées au niveau du cou pour la régénération de l’animal. But de la manœuvre, selon les scientifiques : probablement se débarrasser d’un corps envahi de petits crustacés parasites, empêchant les limaces de se reproduire. D’autres animaux tels que les lézards, l’axolotl, les vers plats ou les étoiles de mer possèdent cette capacité d’autorégénération, également appelée autotomie, dont on rêve tous. Mais c’est la première espèce connue à effectuer un changement aussi complet.
La limace de mer, capable de s'auto-décapiter et de régénérer un corps entier.
La taupe étoilée, seule taupe capable de chasser sous l'eau
Son museau tentaculaire lui permet de "lire" son environnement avec une précision redoutable : ses 22 appendices palpent à chaque seconde les galeries boueuses d’Amérique du Nord où elle vit, et transmettent les informations à son cerveau via des dizaines de milliers de fibres nerveuses (la main humaine, par comparaison, n’en compte que 17 000 !). Des expériences ont montré qu’identifier une proie, l’attraper et la consommer prend moins de 200 millisecondes au condylure, nom scientifique de ce petit mammifère unique en son genre. Mieux encore : sous l’eau, il expulse des bulles d’air (10 à la seconde !) qu’il réinspire ensuite, ce qui lui permet de capturer et analyser les odeurs. Tant et si bien qu’il suit sans faillir une piste de ver de terre, même dans une flaque
Le museau de la taupe étoilée est muni de 22 appendices épidermiques.
Le guépard, des pointes de vitesse à 120 km/h
Avec ses 120 km/h en vitesse de pointe, aucun animal ne court plus vite que le guépard sur de petites distances (400 m). Usain Bolt est trois fois moins rapide sur 100 m (37,6 km/h) ! Le secret du guépard ? Son parfait équilibre poids/muscles. En effet, deux contraintes affectent la rapidité des animaux : la vitesse à laquelle ils contractent leurs muscles et la force de chaque contraction. Or, ces deux paramètres dépendent du poids. Les petits animaux, eux, sont limités par la vitesse de contraction qui requiert beaucoup d’énergie, proportionnellement à leur masse ; tandis que les gros animaux sont ralentis par leur masse, qui mobilise une grande partie de leurs muscles et de leur énergie pour être mise en mouvement. Résultat : le poids optimum face à cette double contrainte s’établit autour de 54 kg, comme celui du guépard, entre 35 et 60 kg, en moyenne.
Le tartigrade, l'animal le plus résistant de la planète
On considère ce microscopique animal aquatique à 8 pattes, long de 0,1 à 1,2 millimètre, comme le plus résistant de la planète. Son secret ? Sa capacité à entrer en "cryptobiose". Dans cet état desséché et ratatiné, qui peut perdurer des dizaines d’années, le métabolisme du tardigrade ralentit et ne fonctionne plus qu’à 1 %. Ainsi "mis en veille", cet organisme résiste à des températures de plus de 100 °C comme à - 272 °C, survit à de hautes doses de rayons UV et X, au "vide" spatial (la Nasa en a fait le test !), à des solutions salées ou acides, et même à l’écrasement, jusqu’à 3 000 km/h, placé dans une balle de révolver !
Le tartigrade a la capacité d'entrer en "cryptobiose".
Le pouce-pied, un crustacé à la fois mâle et femelle
Fixé à son rocher, le pouce-pied, crustacé cirripède marin, est hermaphrodite : il possède à la fois des ovaires et un pénis extensible pour féconder ses congénères voisins. Une exception chez les crustacés, tout comme la crevette, qui est mâle quand elle est jeune, puis femelle en vieillissant. Homard, langoustes… fonctionnent, eux, à sexe séparé et pondent, comme tous les crustacés, des œufs dont sortiront des larves. Autant de modes de reproduction dans une même famille animale peuvent surprendre les mammifères que nous sommes : mais cela reste dans tous les cas de la reproduction sexuée, la plus compétitive sur une longue échelle de temps, et la plus répandue dans le monde vivant d’après les scientifiques. Ce qui n’empêche pas certaines espèces (quelques lézards, requins ou insectes) de pratiquer une reproduction asexuée (par clonage des femelles) plus avantageuse à court terme.
Les chauves-souris et les musaraignes, se repérer grâce à l’écholocation
Pour chasser des insectes et scanner leur environnement, les chauves-souris émettent des ultrasons entre 20 000 et 150 000 Hz. Ces sons, indétectables pour l’oreille humaine limitée à 17 000 Hz, sont réfléchis par leurs proies et leur permettent de les repérer jusqu’à 5 m de distance. Les chiroptères sont ainsi capables d’éviter des obstacles aussi fins que des cheveux ! Ce principe de scanner naturel est aussi utilisé par la musaraigne, qui pousse des couinements ultrasonores, ou les cachalots, qui produisent des clics grâce à leur melon, une bosse située sur leur tête. Certains papillons de nuit, eux, émettent des ultrasons pour brouiller l’écholocation des chauves-souris qui les chassent !
Les chauves-souris se repérent dans l'espace grâce à l’écholocation.