Le passé choquant des traitements de santé mentale
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Les historiens et les professionnels de la santé mentale peuvent prouver l'existence des maladies mentales grâce à de nombreux cas documentés. Les troubles aujourd'hui connus sous le nom de dépression, de syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et de trouble bipolaire portaient autrefois des noms tels que hystérie, psychose et même, possession démoniaque.
Il est tout à fait normal de ressentir de l'anxiété avant de faire un exposé ou de passer un examen, par exemple. En réalité, de nombreuses situations de la vie peuvent déclencher une réaction anxieuse saine. Cependant, si vous êtes constamment préoccupé par des situations qui ont peu de chances de se produire et que votre anxiété interfère avec votre vie quotidienne, il est possible que vous souffriez d'un trouble anxieux.
Bien qu'il puisse être difficile de faire la différence entre l'anxiété ordinaire et un trouble anxieux, il existe certains éléments auxquels il faut prêter attention. Cliquez sur cette galerie pour en apprendre plus.
On pense souvent que les maladies mentales sont récentes, alors qu'elles existent depuis bien longtemps. Même s'il n'était pas officiel, le terme "hygiène mentale" s'est répandu dans le domaine médical à partir du 19ème siècle.
Hippocrate, Claude Galien et Socrate ont chacun développé l'idée qu'il existe quatre éléments essentiels au corps humain: le sang, la bile, la bile noire et le flegme. Connues sous le nom d'humeurs, si elles étaient déséquilibrées, elles provoquaient des maladies mentales. Cette croyance a persisté jusqu'au Moyen Âge.
Les médecins de l'époque donnaient aux patients des laxatifs, des sangsues et des ventouses pour rétablir les proportions des humeurs du corps. On utilisait aussi du tabac importé des Amériques pour provoquer des vomissements, ou on retirait du sang de leur cerveau pour les évacuer.
Les interventions extérieures et les instituts étaient rares. C'est à Bagdad, en 792, que le premier hôpital psychiatrique a été fondé.
Les familles qui avaient des proches malades mentalement en avaient extrêmement honte. Certaines d'entre elles en sont venues à cacher leurs proches dans des caves, ou à les mettre en cage, voire à les battre en guise de représailles pour leur comportement antisocial et indésirable.
La solution principale qui s'offrait aux familles était de placer les malades dans des hospices ou des institutions publiques, où les personnes les plus pauvres étaient logées et nourries en échange d'un travail. D'autres étaient emmenés dans des hôpitaux généraux où ils étaient abandonnés et ignorés.
Ces établissements n'offraient pas un véritable traitement ni un confort aux malades mentaux. Ils les obligeaient à vivre dans des conditions inhumaines en les soumettant à des abus cruels.
Un appel à réforme a eu lieu au 19e siècle après que les horribles événements qui se passaient dans les asiles se soient répandus publiquement. Par exemple, l'asile du Devon, en Angleterre, a abandonné les méthodes de traitement basées sur la restriction.
C'est en 1972, grâce au physicien Philippe Pinel, que l'un des changements les plus importants dans le traitement de la santé mentale a eu lieu. Il a émis l'hypothèse que les patients avaient besoin de soins et de gentillesse, pour que l'on améliore leurs conditions.
Des opposants ont déclaré que les patients devenaient dépendant de leurs médecins à cause de cette méthode. Le traitement moral a donc été très efficace un certain temps, avant de disparaître au 19e siècle. Au 20e siècle, des historiens et des médecins contemporains ont ajouté qu'ils ne faisaient que remplacer une forme de contrôle par une autre.
Le neurologiste et psychiatrique autrichien a également constitué une étape majeure dans le traitement de la santé mentale. Connue pour sa théorie de la "psychanalyse", c'est ainsi qu'est née la pratique de "la thérapie par la parole" et de l'association libre, qui encourageait les patients à parler de tout ce qui leur venait à l'esprit.
Comme on pensait que des grandes fluctuations dans les niveaux d'insuline pouvaient altérer le fonctionnement du cerveau, on plaçait le patient dans un coma diabétique pour baisser son taux de glycémie, pendant une à quatre heures, qui pouvait parfois se prolonger... Cette pratique a eu lieu de 1927 à 1960
Créée en 1930, le patient était plongé dans le coma, alors qu'un médecin enfonçait un instrument médical au sommet de ses deux orbites. Le processus coupait les nerfs qui reliaient les lobes frontaux, régulant le comportement, aux centres du cerveau interne qui contrôle les émotions
La psychanalyse n'a pas eu grand succès à l'époque, mais les travaux de Freud ont ouvert d'autres portes aux traitements de la santé mentale, tels que la thérapie par électrochocs, dus au fait qu'on associait les problèmes mentaux aux déséquilibres biochimiques dans le corps.
En 1949, un psychiatre australien a commercialisé le lithium. Même s'il n'a pas guéri la psychose, ce médicament s'est avéré plus efficace pour contrôler les symptômes que toutes les précédentes méthodes.
Le lithium est devenu le traitement le plus courant, avant que d'autres médicaments comme le Valium ou le Prozac fassent leur apparition dans la suite du 20e siècle et deviennent populaires dans le monde entier.
Avec la commercialisation des médicaments, les établissements destinés à héberger les malades mentaux ont commencé à diminuer, ce qui a créé un gros problème aux malades qui n'avaient pas de réseau social ou familial pour les aider à se rétablir. Sans oublier les personnes qui n'avaient pas les moyens de payer les frais ou l'assurance pour la réhabilitation...
Aujourd'hui, il y a de moins en moins de préjugés au sujet de la santé mentale grâce à toutes les connaissances partagées sur le sujet. Mais cette évolution est avant tout due à la sensibilisation des militantisme de la santé mentale, et des personnalités publiques.
Les traitements ont énormément évolué au fil des années, même récemment. Mais il reste encore beaucoup de travail à faire ! Aujourd'hui, il existe toujours de nombreux cas de dépendance aux médicaments et des failles importantes dans les systèmes de soins de santé modernes.
Sources: (Sunrise House) (CSP) (Baton Rouge Behavioral Hospital)