DARWIN - L'ORIGINE DES ESPECES
| L'Origine des espèces | |
page de titre de l'Édition originale de L'Origine des espèces de 1859. |
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| Auteur | Charles Darwin |
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| Version originale | |
| Langue | Anglais |
| Titre | On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life |
| Date de parution | 1859 |
| Version française | |
| Date de parution | 1862 |
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L'Origine des espèces (On the Origin of Species) est un ouvrage scientifique de Charles Darwin, publié le pour sa première édition anglaise sous le titre L'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la survie1. Cet ouvrage est considéré comme le texte fondateur de la théorie de l'évolution. Dans ce livre, Darwin présente la théorie scientifique de l'évolution des espèces vivantes à partir d'autres espèces généralement éteintes, au moyen de la sélection naturelle. Darwin avance un ensemble de preuves montrant que les espèces n'ont pas été créées indépendamment et ne sont pas immuables.
Diverses idées de la théorie de l'évolution avaient déjà été proposées pour expliquer les nouvelles découvertes en biologie. Il y avait un soutien croissant à de telles idées parmi les dissidents anatomistes et le grand public, mais au cours de la première moitié du XIXe siècle l’establishment scientifique anglais était étroitement lié à l'Église d'Angleterre. La science faisait partie de la théologie naturelle et n'était alors pas indépendante des dogmes chrétiens. Les idées sur la transmutation des espèces étaient controversées, entrant en conflit avec les croyances que les espèces étaient immuables et faisaient partie d’une hiérarchie conçue par Dieu et que les humains étaient uniques, sans rapport avec d’autres animaux. Les implications politiques et théologiques étaient intensément débattues, mais la transmutation n’était pas acceptée par le grand public scientifique au moment de la publication de L'origine des espèces.
Cet ouvrage, accessible au grand public et non pas uniquement aux spécialistes, eut un retentissement énorme et fit l'objet d'intenses débats.
Durant « l'éclipse du darwinisme » des années 1880 à 1930, différents autres mécanismes d'évolution furent mis en avant. Avec le développement de la synthèse évolutionniste dans les années 1930 et 1940 la conception darwinienne de l'adaptation évolutionniste au moyen de la sélection naturelle devint centrale dans la théorie moderne de l'évolution. C'est désormais le principe unifiant des sciences de la vie.
Résumé
Darwin explique que les différences observées entre les individus d'une même espèce proviennent de leur exposition à des environnements différents. Pour le justifier, Darwin part du constat que la variabilité au sein d'une espèce est bien plus grande chez les espèces domestiques que les espèces sauvages, ce qui, d'après lui, ne pourrait s'expliquer que par l'existence de conditions de vie bien moins uniformes chez les espèces domestiques que celles rencontrées par les espèces sauvages dans la nature. Cependant, pour Darwin, l'environnement n'est que l'étincelle qui produit la variabilité des individus. La nature de la variation produite dépend plus de l'organisme que de l'environnement.
Darwin identifie deux types de transformations des organismes. Le premier (dites "défini") est lorsque tous les individus soumis aux mêmes conditions voient leur descendance transformée de la même manière. C'est le cas, selon lui, lorsqu'il y a changement d'alimentation (qui produit des individus plus ou moins grands) ou de climat. Mais ce type de transformation n'est pas la plus courante. La variabilité des espèces s'expliquerait surtout par le second type de variabilité (dit "indéfini"), qui consiste en l'accumulation, de génération en génération, de légères variations de la descendance par rapport à ses parents, et qui ne seraient pas dues à l'environnement
Darwin identifie plusieurs causes de variation. D'abord, le fait d'utiliser ou non certaines parties du corps provoquerait le développement ou la régression de ces mêmes parties. Ensuite, le fait que certaines variations soient mystérieusement corrélées à d'autres variations, sans raison apparente, est aussi un moteur de variabilité.
Pour Darwin, le caractère héréditaire des variations est la règle, la non hérédité l'exception. Ce qu'il justifie par le fait que les variations rares se retrouvent bien plus souvent chez les individus dont un ancêtre possède cette même variation, que chez les autres individus. Il admet toutefois que l'hérédité n'est pas systématique, et que ses caprices peuvent être déroutants à première vue.
Éditions
L'ouvrage fut l'objet de 6 éditions en anglais du vivant de Charles Darwin entre 1859 et 1872. Il a fait très vite l'objet de nombreuses traductions.
Le titre de la première édition était : On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life ou De l'Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie. Le titre de la 6e édition revue et corrigée par Darwin avait un titre différent et s'intitulait The origin of species by means of natural selection, or the preservation of favoured races in the struggle for life.
Cette 6e édition est le texte final laissé par Darwin aussi il est d'usage de se référer à l'œuvre par le titre de cette édition soit L'Origine des espèces et non plus, De l'Origine des espèces.
La première traduction en français date de 1862 chez Guillaumin et Victor Masson. Elle est l'œuvre de Clémence Royer, féministe et libre penseuse exilée en Suisse qui prit des libertés avec le texte original et le titre qui devint De l’Origine des espèces, ou des Lois du progrès chez les êtres organisés. Elle ajouta en particulier une longue préface dans laquelle elle donnait sa lecture positiviste, anticléricale et eugéniste de l'ouvrage.
En , après avoir reçu une copie de la traduction Darwin écrit au botaniste américain Asa Gray : « J'ai reçu il y a 2 ou 3 jour une traduction française de l'Origine par une Mlle Royer, qui doit être l'une des plus intelligentes et singulières femmes en Europe : est une ardente déiste & hait le christianisme, et déclare que la sélection naturelle et la lutte pour la vie fourniront l'explication de toute moralité, nature humaine, politiques, etc. !!! Elle fait de très curieuses et bonnes trouvailles, et dit qu'elle publiera un livre sur ces sujets, ce sera une bien étrange production ». Darwin la remplaça par Jean-Jacques Moulinié, jeune savant genevois. Cette nouvelle traduction parut au début de l’année 1873 sous un titre plus proche de l’original anglais, L’Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, ou La lutte pour l’existence dans la nature, chez l’éditeur Reinwald qui publiait toute l’œuvre de Darwin en français. Une lettre de Darwin à Moulinié, datée du , est publiée en pages liminaires du livre pour justifier le changement de traducteur. Darwin y explique que Mlle Royer ne l’a pas averti de la réédition de sa traduction et qu’elle n’y a pas intégré les dernières corrections.
Après la mort de Moulinié, les éditions Reinwald firent appel à un autre traducteur scientifique, Edmond Barbier, pour traduire la sixième édition anglaise que Darwin donnait comme la version définitive.
En 2009, à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Darwin et du 150e anniversaire de la parution de L'Origine, une nouvelle traduction d'Aurélien Berra paraît chez Slatkine (Genève) puis la même année, en version poche, chez Honoré Champion (Paris). Traduction réalisée sous la direction de Patrick Tort, coordonnée par Michel Prum.