Qui étaient les Ceratopsidae ?
Connaissez-vous les Ceratopsidae, ces fantastiques « dinosaures à corne » ? Munis aussi d'une large collerette osseuse, ils comptaient parmi eux des cousins plus ou moins lointains comme Triceratops et Centrosaurus
I – Caractéristiques principales de la famille
Durant le Crétacé supérieur (-100 à -66 millions d'années), l'Amérique du Nord était barrée du nord au sud par la voie maritime intérieure de l'Ouest. Cette immense mer séparait deux îles-continents : l'Appalachie et la Laramidie. C'est sur cette dernière que la famille des Ceratopsidae (ou cératopsidés en français) s'est largement répandue et diversifiée morphologiquement, avec des ornementations crâniennes très variables incluant des cornes et une collerette. Parmi les cératopsidés, deux sous-familles ont divergé l'une de l'autre il y a quelque 83 millions d'années. D'un côté se trouvaient désormais les Chasmosaurinae (ou chasmosaurinés en français), pourvus de longues collerettes triangulaires et de cornes développées au-dessus des yeux. Et de l'autre les Centrosaurinae (ou centrosaurinés en français), qui étaient munis de cornes nasales proéminentes et de collerettes rectangulaires garnies d'épines sur leur pourtour.
Famille fossile de dinosaures marginocéphaliens
Les Ceratopsidae (en français cératopsidés) sont une famille fossile de dinosaures marginocéphaliens comprenant par exemple les célèbres genres Triceratops et Styracosaurus.
Les Ceratopsidae (en français cératopsidés) sont une famille fossile de dinosaures marginocéphaliens comprenant par exemple les célèbres genres Triceratops et Styracosaurus.
Description et caractéristiques
Toutes les espèces connues sont quadrupèdes, herbivores, datent du Crétacé supérieur de l'ouest de l'Amérique du Nord (à l'exception de Sinoceratops récemment découvert en Chine, et Turanoceratops d'Ouzbekistan) et se caractérisent par des becs, des rangées de dents pour mâcher l'herbe au fond de la bouche, de même que des cornes et collerettes élaborées. Le groupe se divise en deux sous-familles : les cératopsinés (ou chasmosaurinés) se caractérisant généralement par de longues collerettes triangulaires et des cornes bien développées au-dessus des yeux; et les centrosaurinés, qui avaient des cornes nasales très bien développées et des collerettes plutôt rectangulaires, garnies d'épines sur leur pourtour.
Ces cornes et collerettes montrent de remarquables variations et représentent le moyen principal par lequel les nombreuses espèces peuvent être différenciées. Leur utilité, cependant, n'est pas clairement définie. La défense contre les prédateurs est une possibilité, bien que les collerettes soient relativement fragiles chez certaines espèces - en fait, il est plus probable que, comme pour les ongulés modernes, elles aient pu être des caractéristiques sexuelles secondaires utilisées dans les combats rituels intraspécifiques. Les nodules massifs sur le crâne des Pachyrhinosaurus et Achelousaurus ressemblent à celles formées à la base des cornes des bœufs musqués actuels, indiquant qu'ils ont fort bien pu se donner des coups de tête au cours de combats rituels pour la reproduction ou la domination du troupeau, comportement très fréquent chez les animaux modernes. Les centrosaures, eux, ont été retrouvés dans de larges lits d'os, indiquant qu'ils ont pu vivre en énormes troupeaux.
Cette famille a été créée par Othniel Charles Marsh (1831-1899) en 1890.
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Taxonomie
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- Super-famille Ceratopsia
- Famille Ceratopsidae
- sous-famille Centrosaurinae Lambe, 1915 †
- genre Achelousaurus Sampson, 1995 †
- genre Albertaceratops Ryan, 2007 †
- genre Avaceratops Dodson, 1986 †
- genre Brachyceratops Gilmore, 1914 †
- genre Centrosaurus Lambe, 1904 †
- genre Coronosaurus Ryan, Evans & Shepherd, 2012 †
- genre Crittendenceratops Dalman & al, 2018 †
- genre Diabloceratops Kirkland & al, 2010 †
- genre Einiosaurus Sampson, 1995 †
- genre Lokiceratops' Loewen & al., 2024 †
- genre Machairoceratops Lund & al., 2016 †[1]
- genre Medusaceratops Ryan, Russell & Hartman, 2010 †
- genre Monoclonius Cope, 1876 †
- genre Nasutoceratops Sampson & al., 2013 †
- genre Pachyrhinosaurus Sternberg, 1950 †
- genre Rubeosaurus McDonald & Horner, 2010 †
- genre Sinoceratops Xu & al, 2010 †
- genre Spinops Farke & al, 2011 †
- genre Stellasaurus Wilson & al, 2020 †
- genre Styracosaurus Lambe, 1913 †
- genre Wendiceratops Evans & Ryan, 2015 †
- genre Xenoceratops Ryan, Evans & Shepherd, 2012 †
- genre Yehuecauhceratops Rivera-Sylva & al. 2017 †
- sous-famille Ceratopsinae Marsh, 1890 † (= Chasmosaurinae)
- genre Agujaceratops Lucas, Sullivan & Hunt, 2006 †
- genre Anchiceratops Brown, 1914 †
- genre Arrhinoceratops Parks, 1925 †
- genre Bravoceratops Wick & Lehman, 2013 †
- genre Chasmosaurus Lambe, 1914 †
- genre Coahuilaceratops Loewen & al, 2010 †
- genre Diceratops Hatcher, 1905 †
- genre Eotriceratops Wu & al, 2007 †
- genre Judiceratops Longrich, 2013 †
- genre Kosmoceratops Sampson & al, 2010 †
- genre Mercuriceratops Ryan & al, 2014 †
- genre Navajoceratops Fowler & Freedman Fowler, 2020 †
- genre Nedoceratops Ukrainsky, 2007 † (considéré maintenant comme synonyme de Triceratops)
- genre Pentaceratops Osborn, 1923 †
- genre Regaliceratops Brown & Henderson, 2015 †
- genre Spiclypeus Mallon & al., 2016 †[2]
- genre Terminocavus Fowler & Freedman Fowler, 2020 †
- genre Titanoceratops Longrich, 2011 †
- genre Torosaurus Marsh, 1891 †
- genre Triceratops Marsh, 1889 †
- genre Utahceratops Sampson & al, 2010 †
Imaginez un mille-pattes pesant plus de 45 kilos et dont le corps serait aussi long que celui d'une voiture. Si cette vision est susceptible de provoquer chez vous des nausées ou des insomnies, dites-vous que si vous aviez vécu il y a plus de 300 millions d'années, vous auriez carrément pu tomber nez à nez avec un tel animal et pas sûr que la rencontre ait tourné en votre faveur. Son nom? Arthropleura, ce qui n'arrange pas les choses…
Le média en ligne américain Gizmodo s'intéresse à cette terrifiante créature, considérée comme le plus grand arthropode ayant jamais existé. Pouvant atteindre 2,60 mètres de long, elle est apparue sur Terre il y a 346 millions d'années, avant de s'éteindre une cinquantaine de millions d'années plus tard. Des chercheurs nous permettent aujourd'hui de mieux faire connaissance avec la grosse bestiole grâce à la technologie moderne de numérisation.
Si ces créatures continuent de fasciner les paléobiologistes du XXIe siècle, c'est évidemment en raison de leurs dimensions inhabituelles. Depuis longtemps, les scientifiques se demandent tout particulièrement à quel point elles étaient liées à leurs homologues modernes, qui sont, Dieu merci, beaucoup plus petits. C'est notamment en tentant de reconstituer leurs visages que les spécialistes sont arrivés à la réponse, qui leur a permis de déterminer comment classifier Arthropleura.
Découverte pour la première fois en 1854, l'espèce était jusqu'ici bien mal connue en raison du faible nombre de fossiles découverts et de leur caractère fragmentaire. En particulier, aucun ne comprenait une tête complète. Certains paléobiologistes ont même confondu un temps le collum –partie semblable au cou– avec la tête. Il faut dire que rien ne prouvait qu'Arthropleura disposait bien d'yeux, d'antennes ou encore d'une bouche.
Il a fallu les travaux d'une équipe menée par Mickaël Lhéritier, géologue doctorant de l'université Claude-Bernard Lyon 1, pour que soit mis en place un processus de numérisation des restes conservés et d'utilisation de techniques d'imagerie tomographique, qui permettent de reconstituer un objet à partir des mesures effectuées à l'extérieur de celui-ci. Les résultats, publiés le 9 octobre dans la revue Science Advances, montrent que les anciens arthropodes ont effectivement transmis certains traits de leur visage à leurs lointains parents modernes.
Vous apprendrez donc avec joie et dégoût que les espèces d'Arthropleura disposaient d'antennes à sept segments et d'un collum situé derrière la tête. Comme les mille-pattes actuels, elles avaient également des mandibules encapsulées, ainsi que des maxillaires. Ces observations permettent de clore un débat qui a longtemps animé la communauté des amateurs de myriapodes: les créatures vivant à notre époque et celles ayant existé il y a 300 millions d'années peuvent toutes les deux être considérées comme plus proches l'une de l'autre que de n'importe quelle autre espèce de myriapode.
Les recherches ont également aidé à alimenter l'hypothèse selon laquelle Arthropleura se nourrissait probablement d'animaux déjà morts, même si cela reste à affiner. «Sans preuve directe provenant du tube digestif, on ne sait toujours pas exactement ce que mangeait Arthropleura, écrit James Lamsdell, professeur agrégé de paléobiologie à l'université de Virginie-Occidentale. Les organes respiratoires restent également inconnus, ce qui laisse la possibilité qu'Arthropleura soit aquatique.»
Si vous aviez été contemporain de ces créatures, il est envisageable que vous ayez pu en croiser dans l'eau, rien ne contredisant la théorie selon laquelle elles auraient été amphibies. En revanche, elles n'auraient vraisemblablement eu aucune envie de vous déguster, ce qui aidera peut-être vos nausées et vos insomnies à se dissiper plus rapidement que prévu.